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Des élèves de Gaza répondent à tes questions

Publié aujourd'hui à 06h00
Société
Avatar de l'utilisateur Camille Lopez
Camille Lopez

Récemment, nous t’avons demandé ce que tu poserais comme question à des élèves de ton âge qui vivent à Gaza, une ville détruite par la guerre. Aya, Faten, Samer, Radi et Darine ont accepté de partager leur vécu avec toi. Leurs témoignages parlent de la guerre, oui, mais aussi de leur vie d’avant, et d’espoir. Voici leurs réponses. 

Important

Il se peut que tu te sentes triste à la lecture de ces témoignages. C’est normal, nous avons aussi été remués, dans l’équipe des As. N’hésite pas à en parler avec un adulte si tu en ressens le besoin.

Aya, 12 ans 

Ma maison a été détruite il y a deux ans, en mars 2024, et on a été forcés de fuir l’endroit où on vivait.

 

Après une année gâchée, on a repris l'école au centre éducatif de Gaza, et j’en suis très heureuse. On ne peut pas faire beaucoup d'activités, mais il commence à y en avoir plus, comme des ateliers de dessin. Et ça c’est bien! On apprend 4 matières: l'arabe, l'anglais, les sciences et les mathématiques. Mais les cours de musique me manquent beaucoup. 

 

L'agression, la guerre, la violence, ça fait beaucoup de bruit. Le plus dur, c'est le son des drones qui ne quittent pas le ciel de Gaza, et le bruit des bombes. Quand il y a des bombardements, ça fait mal à tout le monde. Mais quand je suis à l'école, même deux heures par jour, ça me fait oublier la guerre. 

 

Je m’ennuie de tout de ma vie d’avant. J'ai perdu des membres de ma famille, j’ai perdu mes camarades de classe. La plage de Gaza me manque. Avant, j’y allais avec mes parents. Maintenant, on ne peut plus y aller, c’est trop difficile.

 

Je regarde les étoiles tout le temps. Je regarde le ciel, et j'espère que la vie sera rose comme le ciel, toujours. Un jour, si je sors de Gaza, j’aimerais bien visiter l’Espagne. 

 

Je souhaite la paix et l'arrêt de la guerre: voilà ce que j’aimerais dire aux dirigeants du monde.

 

Faten, 11 ans

J’habite dans une tente, parce que ma maison a été détruite, comme celles de 80% des enfants de Gaza. J'ai perdu mes livres, mes jouets, mes vêtements, mes bandes dessinées, mes crayons de couleur, beaucoup de choses. Je n’ai rien gardé, malheureusement. 

 

J'adore l'école, même si maintenant, on n’y va que trois jours par semaine, et deux heures par jour. Je me lève à 7h30, et j’y suis de 8h à 10h00. J’y vais à pied et je rentre à pied, avec mes amis. Il n'y a pas de transports, parce que tout est cher à Gaza. 

 

L’école, c’est très important pour moi.  Être en classe me fait oublier la violence et la guerre, pour un certain moment, je m'évade, je sors de ma routine. Grâce à l’école, je révise, j'apprends, je rêve, et j’ai de l’espoir. Mais même pendant les cours, il y a des bruits de drones, de bombardements. 

 

La guerre, elle traumatise les gens. Le plus dur pour moi, c'est le déplacement forcé. J’ai été obligé de fuir l’endroit où je vivais trois fois. Et ça me cause de la peur, de l’angoisse, c’est difficile. 

 

Ce qui me manque le plus de ma vie d’avant, ce sont les visites familiales. Malheureusement, dans notre tente, on n’a pas d'espace pour recevoir mes amis, mes grands-pères, mes tantes, mes cousins, mes cousines.

 

J’aimerais visiter la France. Pour moi, la France, c'est le symbole de la paix.

 

J’aimerais dire aux dirigeants du monde que je suis pour la paix entre les peuples.


 

Samer, 13 ans 

J'habite dans la ville de Gaza, dans une école partiellement détruite qui a été  transformée en centre d'accueil pour 400 déplacés. C'est dommage parce que j'aurais aimé aller à cette école.

 

Avec les routes détruites, je suis obligé de marcher avec mes amis pendant 45 minutes pour aller au centre éducatif. Il se trouve à des kilomètres de chez moi. Mais même si c’est difficile, l’école est très importante pour moi. Elle me fait oublier la guerre et la souffrance. 

 

À part les cours, il n'y a pas beaucoup de choses à faire. Heureusement, des adultes organisent des activités variées, comme du dessin. Ils distribuent aussi des t-shirts et des fournitures scolaires. Ça fait bouger les choses.

 

La guerre, elle fait du mal à tout le monde. J’ai tout perdu, avec la destruction de ma maison, surtout mes souvenirs. Le plus dur pour moi, c’est que la situation ne bouge pas. Il y a toujours des pénuries de nourriture, de médicaments, d’eau potable. 

 

Ce qui me manque le plus de ma vie d’avant, c’est d’aller au club de tennis avec mes amis. Ça me manque beaucoup. Ce club a été détruit, malheureusement.

 

J’aimerais aller en Turquie. C'est mon rêve depuis mon enfance. 

 

J’aimerais dire aux dirigeants des pays que je veux l’arrêt de la guerre. 


 

Radi, 12 ans 

Je suis un enfant palestinien touché par les bombardements et la guerre. J'habite dans une tente avec 14 autres personnes, après la destruction de notre quartier et de notre maison. C’est difficile et compliqué, vivre dans une tente avec mes parents, mes sœurs, mes frères. Autant l’hiver que l’été.

 

Le problème avec les camps de déplacés, c’est que c’est petit et qu’on ne peut pas jouer à l’intérieur des tentes, ou dehors.

 

Je suis très heureux de recommencer les cours: l'école, c'est bien, c'est magnifique, c’est important pour moi. L’école me fait oublier le malheur, la guerre, la souffrance, mais pour un certain moment seulement. J’y passe seulement deux heures par jour, trois jours par semaine, et ça me fait de la peine.

 

Maintenant, la guerre fait partie de notre quotidien. J’ai tout perdu, moi. Mes proches, ma maison, mes souvenirs, mes cahiers, mes livres, mes cadeaux, mes jouets.  

 

Ce qui me manque le plus de ma vie avant la guerre, c'est de faire du sport. Moi, j'étais sportif, j’étais inscrit dans le club sportif de mon quartier, mais maintenant tout est détruit.

 

L'endroit dans le monde que j’aimerais visiter un jour, si on retrouve le droit de voyager, c'est l'Allemagne. C'est un pays très fort au niveau économique. 

 

Et ce que j’aimerais dire aux dirigeants du monde entier, c’est que tout le monde est contre la guerre. Et qu’on garde espoir pour l'avenir.

 

 

Darine, 12 ans 

J'habite dans un immeuble avec trois autres familles. C'est difficile, même si je les aime beaucoup, parce qu’on est nombreux: 40 personnes dans le même appartement. 

 

Moi, j'aimerais pouvoir aller à l'école tous les jours, parce que ça me fait un peu oublier la souffrance du quotidien, et parce que ça me permet de sortir de chez moi. C’est très important. Mais malheureusement, on n’y va que trois jours par semaine. J’essaie d’y rester le plus longtemps possible, mais je dois rentrer rapidement à la maison. Et chez moi, je n'arrive pas à réviser. Être nombreux dans le même appartement, c'est très compliqué. 

 

La journée est difficile. Je vais à l’école de midi à 14h. Ensuite, je rentre, je mange avec ma famille, je fais des tâches, et j’aide ma mère. On ne peut pas jouer dans la maison, il n’y a pas de parc ou de lieu de loisirs.

 

Ce qui est le plus dur depuis le début de la guerre, c’est la mort de beaucoup de mes proches. Soit parce qu’ils étaient malades, soit parce qu’ils ont été assassinés par les bombardements.

 

Oui, l’école me fait oublier la guerre… Mais en dehors de la guerre, de la violence et des bombes, il y a la situation humanitaire, le manque de nourriture, le manque de médicaments, le manque de fournitures scolaires. Heureusement, j'ai pu garder mes cahiers scolaires et mes jouets, mais je m’ennuie de l’école normale, de mes amis. 

 

Vous me demandez quel pays j’aimerais visiter? Moi, je veux rester à Gaza. J'aime beaucoup Gaza, même sous les bombes. Ce qui me manque le plus, c'est de marcher dans la rue avec mes amis. Maintenant, tout est détruit, les routes sont cassées, donc je ne peux pas réaliser mon rêve.

 

Ce que j’aimerais dire aux dirigeants du monde, c’est que je veux l'arrêt total de la guerre et vivre une vie normale. Mais bref, on garde espoir.

Merci au professeur Ziad Medhouk, à Gaza, qui a rendu cet échange possible. 

 

Merci aux As dont les questions ont été envoyées aux élèves de Ziad.

 

Et surtout, merci aux enfants de Gaza qui ont accepté notre main tendue, malgré leur quotidien terriblement difficile. Nous sommes de tout cœur avec vous, et espérons la venue de jours meilleurs pour vous, ainsi que pour tous les enfants qui souffrent dans le monde. 

Les élèves de Gaza ont des questions pour toi!

À présent, Aya, Faten, Samer, Radi et Darine aimeraient aussi en savoir plus sur toi et le Canada. Clique ici pour lire leurs questions et y répondre!

Comment te sens-tu après avoir lu ces témoignages? Dis-le nous en commentaires.

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