La vie d’un journaliste politique à bord d’un autobus de parti!
À chaque campagne électorale, des journalistes travaillent dans des… autobus! C’est pour suivre les chefs des partis politiques, qui montent à bord de leur propre autobus pour rencontrer les Québécois aux quatre coins de la province. François Carabin, qui écrit sur la politique au journal Le Devoir, est à bord de l’autocar qui suit le Parti québécois. Il m’a raconté les secrets de ce bureau sur roues!
Salut François! Quel est ton travail?
Je suis correspondant parlementaire, ça veut dire que tous les jours, je couvre les activités du gouvernement du Québec, à partir de l’endroit où il travaille: au Parlement.
Mais évidemment, à chaque quatre ans, il y a une élection. Et ma job change alors du tout au tout! On sort de nos bureaux et on monte à bord des autobus des partis. Chaque chef a un bus qui lui permet de faire le tour du Québec pour aller vendre son message aux Québécois, aller parler aux gens, leur demander ce qui les préoccupe, et leur dire comment ils comptent répondre à leurs inquiétudes.
Donc tu prends l’autobus avec les politiciens?
Moi, je suis avec Paul St-Pierre Plamondon, le chef du Parti québécois. Mais on n’est pas dans le même autobus! Je suis dans un deuxième bus, avec des journalistes d’autres médias. C’est un autobus voyageur qui a été transformé. On y retrouve moins de sièges, des bureaux pour travailler et une cuisine. On a même des bonbons!
Est-ce que tu dois payer pour être dans ce bus?
Mon patron doit payer de l’argent, oui, pour rembourser la nourriture et les hôtels. Ça coûte cher: plusieurs milliers de dollars.
Est-ce que tu dois te lever tôt?
Chaque jour, un chef fait une annonce à un endroit au Québec. Donc ça dépend de l’heure de cette annonce. Certains chefs sont plus lève-tôt que d’autres! Éric Duhaime se lève tôt, il fait ses points de presse à 8h, 8h30. Je suis content de ne pas être dans son bus, parce que j’aime dormir le matin!
Aurais-tu préféré voyager dans le même autobus que le chef du parti?
Non. Dans l'autobus du chef, il y a des oreilles partout! Une partie de mon travail, c’est de vérifier les propos du chef de parti. Alors c’est gênant s’il m’entend parler au téléphone avec un expert qui le contredit! Nous, les journalistes, on essaie de surprendre les politiciens avec des questions auxquelles ils ne sont pas préparés. C'est beaucoup plus difficile si tu es assis avec lui et ses employés!
Dans le bus, tu voyages avec d’autres journalistes. Est-ce qu’il y a une compétition entre vous?
Il y a une entraide entre les médias. Quand je te disais qu’on veut surprendre les politiciens, une autre façon de le faire, c’est d’être plusieurs à leur poser des questions sur le même sujet. Au début de la campagne, on se réunissait avant chaque conférence de presse pour planifier nos questions.
Est-ce que tu deviens ami avec les politiciens, quand tu voyages avec eux?
Il faut éviter! Certains journalistes vont changer d’autobus (et de parti) pendant la campagne. Comme ça, ils ne deviennent pas trop proches des chefs et de leurs employés. Et ils peuvent rester neutres.
Combien de kilomètres as-tu parcouru?
Pas beaucoup, cette année. Mais quand j’ai couvert la campagne de 2022, je suis allé jusqu’à Chibougamau, dans le nord du Québec! Et laisse-moi te dire qu’essayer d’écrire à l’ordinateur quand tu es sur une route pleine de trous, ça va mal!
Oh, d’ailleurs, cette année, j’ai perdu mes lunettes de soleil dans l’autobus. Le chauffeur a freiné très brusquement, et elles se sont envolées!
Qu’est-ce qui t'a marqué, à ce jour, dans cette campagne?
Le chien corgi qui voyage dans l'autobus avec Paul St-Pierre Plamondon, Winston! C'est le chien d'un membre de son équipe, et il est très sociable. Je l’ai flatté!
Et toi, aimerais-tu voyager avec une personnalité connue? Un politicien? Une artiste? Dis-nous pourquoi!
