Les Innus de Pessamit disent «non» à Hydro-Québec
Dimanche, les Innus de Pessamit, une communauté autochtone située au Québec, ont refusé une entente avec le gouvernement et Hydro-Québec. Je t’explique cette nouvelle qui parle d’argent, d’identité et… d’électricité!
C’était quoi, cette entente?
Il y a deux ans, le conseil de bande de Pessamit a négocié une entente de partenariat avec Hydro-Québec. Et dimanche, il a demandé à la population si elle acceptait, ou non cette entente.
Je te résume quelques points de ce loooong document. L’entente prévoyait entre autres:
- La construction de nouveaux projets d’Hydro-Québec sur le territoire des Innus, qui est sacré pour eux et qu’ils utilisent entre autres pour pêcher et chasser.
- Partager avec les Innus, l’argent que ces projets rapporteraient. Le montant que la communauté aurait reçu est estimé à au moins deux milliards de dollars au cours des 50 prochaines années
- Remettre plus d’un milliard de dollars à la communauté, pour mettre fin aux conflits en cours entre les Innus et Hydro-Québec. Ce montant aurait été remis en signe de réconciliation.
De quels conflits tu parles?
Dans les 70 dernières années, Hydro-Québec a construit 13 centrales hydroélectriques et 16 barrages dans le Nitassinan (territoire innu) de Pessamit, sans leur permission. Résultat: une grande partie de ces terres ont été inondées, ont disparu et ont été très endommagées. La communauté revendique son droit d’occuper et de protéger ce territoire.
Audrey-Lise, c’est elle!
«Chaque année, notre peuple partait en canoë dans ces terres pour chasser et pêcher. Et un jour, Hydro-Québec nous a dit “Non, non, tu ne reviens plus ici, toi”», m’explique Audrey-Lise Rock-Hervieux, une Innue de Pessamit (et grande amie des As de l’info!). Comme la majorité de sa communauté, elle a voté «non» à l’entente avec la société d’État.
Qui a gagné?
Le camp du Non. Les Innus de Pessamit se sont exprimés dans un référendum, dimanche. Près de 1300 Innus de Pessamit ont participé au référendum, et 809 d’entre eux ont voté pour que l’entente soit refusée. C’est un peu plus de six personnes sur 10.
Pourquoi est-ce que le «non» l’a remporté?
Les Innus de Pessamit ont beaucoup critiqué le manque de temps qu’ils ont eu pour étudier l’entente. «10 jours c’est peu, pour se décider sur une entente qui pouvait avoir des conséquences pendant plus de 50 ans», commente Audrey-Lise.
Autre point très critiqué: selon l’autrice innue Natasha Kanapé-Fontaine, «si nous votons oui ce dimanche, nous renonçons pour toujours à notre droit de nous opposer à tout projet d’Hydro-Québec», a-t-elle écrit dans Le Devoir.
«Ça a été 10 jours très tendus. Parce qu’il y avait deux camps: ceux qui ont dit: “Oui, nous, on veut cet argent pour le futur de nos enfants”, et ceux qui ont dit: “Non, nous on veut protéger le territoire”», poursuit Audrey-Lise.
Qu’est-ce qui va se passer, maintenant?
C’est incertain. René Simon, le chef du Conseil des Innus de Pessamit a déclaré à des journalistes de La Presse: «Il faut respecter la décision démocratique qui a été prise».
Dimanche, la première ministre du Québec a réagi à la nouvelle: «Il reste du travail à faire. Le gouvernement du Québec demeure convaincu qu’il est possible de conclure une entente bénéfique, tant pour la communauté de Pessamit que pour l’ensemble des Québécois», a-t-elle publié sur Facebook.
Et toi, que penses-tu de cette nouvelle? Aurais-tu voté pour ou contre cette entente?
Sources: Radio-Canada, Le Devoir
